Sept personnes ont été interpellées en région Doubs dans le cadre d’une enquête sur un vol de 550.000 euros de métaux précieux et pièces horlogères commis en Suisse, selon les autorités locales. Quatre d’entre elles sont désormais en détention provisoire à Besançon vendredi 22 mai.
L’enquête remonte au 11 septembre 2025, dans le canton de Berne, où un transport d’or brut et de composants pour l’horlogerie a disparu. Les suspects, âgés de 20 à 40 ans, ont été mis en examen pour vol en bande organisée, participation à une association criminelle et blanchiment. Le butin n’a pas encore été retrouvé.
Un élément déterminant a émergé : l’employé chargé du transport, qui avait alerté les services, s’est avéré être le principal acteur de l’opération. Il a convoyé 250 plaquettes d’or brut ainsi que plusieurs centaines de pièces pour la haute horlogerie avant de disparaître. Les investigations ont permis d’identifier un véhicule immatriculé en France et de remonter à une équipe opérant dans le Doubs.
Des perquisitions ont révélé des stupéfiants, du numéraire, téléphones portables et un détecteur de balise utilisé pour éviter les contrôles. Ces éléments montrent l’existence d’un réseau structuré capable d’exécuter des opérations rapides et ciblées.
Ces faits s’inscrivent dans une tendance croissante : en octobre 2025, des armureries ont été cambriolées à Sion (Valais) et Renens (Vaud), avec plusieurs suspects interpellés de part et d’autre de la frontière. Les enquêteurs soulignent que ces groupes exploitent les proximités géographiques pour agir sans délai, en s’appuyant sur des infrastructures préexistantes.
La coopération franco-suisse, bien qu’utile, intervient généralement après l’acte, ce qui illustre une réalité inquiétante : la Suisse devient un terrain d’opération privilégié pour des bandes criminelles françaises, capables de s’adapter rapidement aux contrôles et de répliquer sans perte de temps. Les frontières ne sont plus des barrières, mais des points d’appui stratégiques pour des opérations organisées.
Le constat est clair : la criminalité mobile et experte enracinée dans les régions frontalières menace désormais l’ordre établi. La Suisse, souvent perçue comme un refuge de sécurité, n’échappe plus à ces incursions.