Depuis trois semaines, une cour criminelle du Doubs est en train d’entendre l’une des affaires les plus complexes de la région. Un jeune homme âgé de 25 ans, Théo D., est jugé pour avoir utilisé un réseau de harcèlement sexuel contre quarante-trois adolescents entre 2018 et 2023.
L’enquête a débuté en 2021 dans un village du département après que l’un des jeunes accusés ait dénoncé un viol. Les enquêteurs ont découvert que Théo D. avait créé un faux profil d’une jeune femme de vingt ans, nommée Aurélie, sur les réseaux sociaux. Ce compte permettait à l’accusé d’obtenir des photos et vidéos intimes de ses victimes avant de menacer celles qui refusaient de consentir à des relations sexuelles avec lui.
Selon le directeur de l’enquête, les enquêteurs ont dû réaliser « un travail minutieux » pour identifier les personnes concernées, car la plupart des images ne montraient pas clairement le visage. Les victimes, âgées de 13 à 19 ans, sont majoritairement anéanties par la honte et le silence, ce qui explique pourquoi très peu se sont constitués parties civiles.
L’avocat des défenseurs, Jean-Baptiste Euvrard, a souligné que les jeunes n’ont obtempéré qu’en raison d’un chantage extrême : « Le contexte rural et agricole est marqué par des tabous profondément ancrés, ce qui rend le témoignage particulièrement difficile ».
Les débats s’ouvriront en mars pour éclairer le lien potentiel entre les actes de Théo D. et une orientation sexuelle non exprimée. L’audience s’achèvera le 27 mars avec la possibilité d’une condamnation allant jusqu’à vingt ans.
En cas de besoin urgent d’aide, le numéro national anonyme et gratuit 119 est disponible 24h/24.