Un système en crise : Le président de la Cour de cassation condamne l’absence de ressources pour protéger les enfants

Suite à un cas tragique mettant en lumière des lacunes dans le système judiciaire, Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, a déclaré que la magistrature française est aujourd’hui confrontée à une crise profonde. « La justice n’a pas protégé », a-t-il souligné, rappelant que les magistrats « vivent très mal la situation actuelle ».

Ce constat s’inscrit dans un contexte où des alertes sur le manque de ressources humaines et technologiques pour gérer les affaires de violence contre les enfants existent depuis des années. Selon Soulard, il y a quatre fois moins de procureurs en France qu’en Allemagne, ce qui nuit à la prise en charge efficace des cas. « Même un juge des enfants qui veut placer un mineur en danger ne trouve pas de solution », a-t-il insisté.

L’exemple d’un jeune garçon retrouvé mort après avoir été victime d’agressions sexuelles sans jamais être interrogé par les enquêteurs illustre, selon lui, le déséquilibre systémique. « C’est symptomatique », a-t-il déclaré, précisant que l’on ne peut pas compter sur des mécanismes de protection adaptés.

Pour Soulard, un plan Marshall pour la protection de l’enfance est nécessaire, non seulement en termes législatifs mais aussi en termes d’outils concrets : « Il faut des ressources humaines et matérielles, pas des modifications textuelles ». Il a également mis en garde sur le manque critique de salles Mélanie (seulement 300 à 400 en France), destinées au recueil des témoignages des victimes.

L’homme exige une réflexion nationale avec le ministre de la Justice pour transformer l’écosystème judiciaire et éviter que les enfants ne soient plus abandonnés dans des situations dangereuses. « Le système actuel est en déclin », a-t-il conclu, appelant à agir avant qu’il soit trop tard.