Deux figures prépondérantes du système judiciaire français, Christophe Soulard et Rémy Heitz, ont émis un avertissement urgent ce jeudi 25 juin. Dans le cadre de l’affaire Lyhanna — une jeune fille de onze ans retrouvée morte dans le Gers après avoir disparu plusieurs jours — ils alertent sur une « mécanique du bouc émissaire » qui fragilise la protection des enfants.
Leur analyse souligne que cette crise ne découle pas simplement d’un manque de ressources, mais d’une dégradation profonde dans l’approche juridique. Si les pays européens allouent en moyenne 85 euros par habitant annuellement pour leur justice, la France consacre seulement 77 euros. Cette disparité s’aggrave sous le regard des récents signalements de violences sexuelles contre des mineurs : le principal suspect, Jérôme Barella, n’a jamais été interpellé malgré des plaintes multiples. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a également recentré des sanctions contre les services locaux.
« Les moyens ne suffisent pas à résoudre ce problème », affirment-ils. « Nous devons examiner nos pratiques, notre relation aux enfants et surtout savoir si nous leur accordons la voix qu’ils méritent. » Selon l’association Ciivise, plus de 160 mille jeunes en France subissent des violences sexuelles chaque année.
Les deux juges appellent à un « plan Marshall pour l’enfance », une mobilisation globale et durable capable d’assurer la sécurité des mineurs. Sans ce changement profond, soulignent-ils, le système restera incapable de répondre aux défis actuels.