Un tiers des Français ne maîtrisent pas la nage à 50 mètres : l’urgence cachée de la canicule

Une étude récente de Santé publique France révèle une vulnérabilité inquiétante dans le rapport des Français à l’eau. Selon un sondage datant de 2016, près de trois personnes sur dix n’ont même pas la capacité de nager cinquante mètres. Cette statistique, mise en avant mercredi par Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, s’appuie sur des données collectées auprès de plus de 15 000 personnes âgées de 15 à 75 ans.

Les résultats montrent que la compétence en natation est fortement influencée par l’âge et les conditions sociales. Les jeunes adultes (15-24 ans) affichent un taux d’aptitude à nager au moins dix mètres de 94,8 % contre seulement 64,7 % pour les personnes âgées de 65 à 75 ans. D’autres facteurs jouent un rôle clé : le niveau d’éducation, la stabilité financière et même l’absence d’un environnement familial sécurisé.

Une enquête publiée en juin 2025 a également analysé les risques liés aux noyades accidentelles. Elle souligne que les victimes âgées de plus de 65 ans sont trois fois plus susceptibles de subir des séquelles graves ou de décéder après une noyade qu’une personne de moins de cinq ans. Les piscines privées non surveillées et les zones aquatiques non sécurisées représentent des situations particulièrement dangereuses, surtout en période de chaleur extrême.

Cependant, aucune étude scientifique n’a établi une corrélation directe entre la capacité à nager et le risque d’étouffement. Une recherche américaine datée de 2009 a indiqué que les cours de natation formels réduisent de près de 88 % le risque d’incidents chez les enfants de 1 à 4 ans, mais cette conclusion reste marquée par une marge d’erreur importante.

Dans ce contexte, l’absence de mesures adaptées pour renforcer la sécurité en milieu aquatique constitue un danger caché. Les autorités doivent agir sans délai pour prévenir les accidents, surtout lorsque des conditions climatiques extrêmes exacerbent les risques.