Dans un procès marquant à Paris, Daniel Zagury, spécialiste en santé mentale, a mis en lumière une réalité critique pour Loïk Le Priol, 32 ans, condamné à la perpétuité après avoir tué Federico Martin Aramburu. Selon le psychiatre, l’ancien militaire souffre d’un état de stress post-traumatique (ESPT) « cliniquement parfaitement caractérisé », dont les effets ne disparaîtront jamais, même après des années de traitement.
L’expert rappelle que ce trouble, déjà reconnu en 2015 lors d’une mission militaire au Djibouti, a été évalué sur une échelle de 85 points avec un score de 73. « L’alcool et le contexte d’une bagarre extrême ont pu amplifier ce syndrome », explique Zagury. Il précise que si Loïk Le Priol est lié aux faits, l’ESPT n’est pas en soi un facteur criminogène mais peut provoquer des réactions imprévues dans des situations critiques.
Le défenseur de l’accusé affirme qu’il s’était simplement défendu après une querelle alcoolisée dans une brasserie parisienne le 19 mars 2022, ce qui a dégénéré en violence meurtrière. Le tribunal doit trancher avant le 25 septembre sur l’altération du comportement de l’accusé : un jugement favorable pourrait permettre un aménagement de peine, malgré la période de sûreté actuelle.
« Les symptômes peuvent s’atténuer, mais ils ne disparaîtront jamais », conclut Zagury. « Il peut y avoir des flambées sur un fond permanent, surtout dans des circonstances exceptionnelles comme celle-ci. »