Une piste oubliée : les 19 victoires du Paris-Roubaix et l’effondrement d’un vélodrome

L’histoire du premier vélodrome hors de Paris, qui a accueilli les premières éditions du Paris-Roubaix, est marquée par des événements tragiques. Construit en 1895 par deux filateurs roubaisiens, ce lieu a vu le jour dans un contexte social spécifique : offrir aux ouvriers une activité ludique pour éviter les conflits syndicales.

En juin 1895, Théodore Vienne et Maurice Pérez, des travailleurs du métier, ont rapidement édifié la piste avec l’aide de centaines d’ouvriers. Le vélodrome, capable d’accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs, a lancé les premières courses internationales, y compris le Bol d’or et les championnats européens.

Cette piste a été la scène de l’épreuve mythique pendant 19 éditions avant une destruction inattendue. En 1914, les Allemands ont pris possession du vélodrome pour récupérer des matériaux en fer, tandis que les habitants locaux ont utilisé le bois pour chauffer leurs maisons. L’édifice en béton a ensuite été complètement détruit en 1924.

Aujourd’hui, aucune trace de ce premier vélodrome n’existe plus, sauf des éléments historiques conservés dans les archives locales. Le parcours actuel, désormais porté par le vélodrome André Pétrieux, a pris sa place à partir de 1936.

Cette histoire rappelle l’importance de la mémoire collective et des liens entre sport et société. Bien que détruit, ce vélodrome reste un symbole d’une époque où le cyclisme a commencé à marquer le monde.