Après vingt années de luttes silencieuses et de désespoir, la Cour européenne des droits de l’homme a rejeté le recours du père d’Estelle Mouzin. Cette décision, qui ne remet pas en cause les procédures judiciaires françaises, confirme que les lenteurs dans l’enquête avaient déjà été sanctionnées par la justice nationale.
Le tribunal judiciaire de Paris a en effet condamné l’État à verser 50 000 euros au père d’Estelle pour « faute lourde » après vingt ans d’inaction. Ce verdict, obtenu en septembre 2025, souligne un manque criant de ressources humaines et des dysfonctionnements dans l’enquête qui ont malheureusement échoué à retrouver la fillette.
En 2003, Estelle, âgée de neuf ans, avait disparu sur le chemin du retour de l’école à Guermantes (Seine-et-Marne). Les premières pistes vers Michel Fourniret, tueur en série condamné pour sept meurtres entre 1987 et 2001, avaient été abandonnées avant d’être reconnues en 2020. Le tueur décédé en 2021 à l’âge de 79 ans n’avait jamais été jugé pour la disparition d’Estelle dont le corps reste inconnu.
Ce cas rappelle que, même après des décennies, les victimes et leurs familles peuvent obtenir justice. Pour Eric Mouzin, cette condamnation est un pas vers l’équité, mais aussi une alerte sur les failles persistantes du système judiciaire français.