30 mètres d’harmonie : L’écopont A1 qui a redéfini la coexistence entre forêt et route

Depuis trois ans, un pont écologique sert de lien vital pour des centaines de cerfs, sangliers et biches à traverser l’autoroute A1, reliant les forêts de Chantilly et d’Ermenonville (plus de 10 000 hectares). Conçu après que le passage souterrain « butte aux Gens d’Armes » n’eut plus suffisamment d’espace pour subir la circulation quotidienne de 180 000 véhicules, cet écopont mesure 50 mètres de longueur et 30 mètres de largeur.

Les données recueillies par la Fédération des chasseurs de l’Oise indiquent que la fréquentation a triplé en 2025. Plusieurs animaux, y compris les grands mâles reproducteurs, utilisent désormais le pont avec une régularité inédite, certains même restant là toute la nuit pour brouter sans perturbation. « Les premières années ont été difficiles en raison de barrières métalliques », explique Manon Castaing, chargée de mission environnement. « Mais avec l’adoption progressive par les espèces, le dispositif s’est transformé en un modèle d’intégration écologique. »

Financé à hauteur de 7 millions d’euros par la Sanef, cet écopont a été mis en service après une vingtaine d’années d’études. Son succès montre que les infrastructures humaines peuvent s’adapter pour préserver la biodiversité sans compromettre leur fonctionnement. À l’instar de ce cas, des solutions similaires existent désormais dans plusieurs régions, rappelant que l’équilibre entre développement et nature reste un défi majeur à relever.