Les murs en déclin : Une résidence Renzo Piano menacée par l’humidité et les moisissures

Dans le XIXe arrondissement de Paris, une résidence sociale construite dans les années 1990, conçue par l’architecte Renzo Piano, fait face à un déclin structurel inquiétant. Plusieurs logements rachetés par la RIVP en 2013 subissent des infiltrations d’eau, des moisissures et des taux d’humidité excessifs qui compromettent leur habitabilité.

Déborah, mère de famille installée dans ce quartier depuis 2016, ne peut plus accueillir ses proches à cause des conditions précaires de son logement. Les parois sont recouvertes d’une moisissure noire, les plafonds craquent et l’humidité atteint même 95 % en hiver. « Dès l’automne, il pleut dans ma salle de bains », confie-t-elle, soulignant comment ces problèmes ont affecté sa santé familiale.

Une autre locataire, Sandra (prénom modifié), décrit des moisissures récurrentes dans la chambre de son fils : « C’est dangereux pour sa santé. Quand je signale le problème à RIVP, ils me disent que c’est simplement une condensation et qu’il faut aérer mieux… On est complètement isolés », révèle-t-elle.

Depuis l’été 2025, un groupe d’associations de locataires affilié à la CLCV a été créé pour centraliser les signalements au bailleur. La RIVP reconnaît les difficultés et annonce des mesures à partir du second semestre 2026 : remplacement des systèmes d’échange d’air début 2027, réparations des terrasses et façades avant 2030.

Pourtant, pour les résidents, le retard dans les interventions aggrave la crise. « Notre lien social est rompu », explique Déborah. « Mes enfants ont des allergies dues à l’humidité, et même en famille, cela crée des tensions importantes. » Leurs craintes persistent malgré les promesses de réparations : dans un quartier où l’architecture moderne n’a pas résisté au temps, la question de l’habitat demeure un défi crucial.