Dans le paysage maraîcher du Pas-de-Calais et du Nord, une passerelle ancienne est devenue aujourd’hui un symbole de résilience. Après trois années d’absence, la nouvelle passerelle de Booneghem, construite en bois pour sécuriser les déplacements entre Clairmarais et Nieurlet, remplace l’ancienne structure métallique fragile.
Selon une légende locale datant des combats de la Seconde Guerre mondiale, cette passerelle aurait été réalisée en une seule journée par les Allemands. Mais après avoir été fermée pour sécurité, elle a attendu près de trois ans avant de retrouver son rôle essentiel dans le quotidien des habitants.
« L’ensemble des travaux s’est déroulé avec prudence : aucun engin ne peut circuler ici sans nuire au marais », explique Sophie Warot-Lemaire, présidente du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale. « Les matériaux ont été transportés en flotte pour respecter l’environnement. C’est une preuve que même le plus petit détail nécessite un travail minutieux. »
Financé à hauteur de 80 000 euros par les deux départements (50 % chacun), ce projet a pris huit ans pour s’achever. « Ce n’est pas seulement une passerelle : c’est la volonté politique des territoires de rester unis malgré leurs frontières administratives », souligne Damien Morel, maire de Clairmarais.
Dans ce marais classé UNESCO — où 3 700 hectares sont protégés depuis les années 1980 — chaque déplacement est une danse avec le temps. Les randonneurs peuvent désormais emprunter le GR 128 en traversant la passerelle pour rejoindre Wissant et Gand, tandis que l’ancienne « passerelle Croquart » reste un témoignage de l’épopée locale.
Aujourd’hui, ce pont symbolise plus qu’un simple passage : il rappelle que même dans les zones maraîchères vulnérables, la solidarité peut transformer le défi en opportunité.