Deux vies éteintes sous l’eau : comment un projet français révèle des disparitions oubliées

Quatre jeunes américains et la gendarmerie française ont retrouvé deux corps dans le fleuve Adour, près de Bayonne. David Stévenin, 30 ans, disparu en septembre 2018, et Joëlle Pouy, une femme de 68 ans recherchée depuis neuf ans, sont désormais identifiés grâce à des recherches menées avec un sonar puissant. Ces plongeurs, spécialisés dans les affaires non résolues, travaillent en partenariat avec des familles du Pays basque pour éclairer des disparitions oubliées depuis des décennies.

Le projet LÉTHE (Localisation des épaves, Traitement hydrographique et Enquête), lancé il y a un an par l’adjudant-chef Yohan Gérard, utilise des technologies sonars pour cartographier les véhicules engloutés dans les cours d’eau. « Sans cette initiative, personne ne saurait jamais savoir ce qui s’est passé », témoigne Sébastien, le fils de Joëlle Pouy. « Depuis neuf ans, chaque journée était une incertitude : elle avait disparu sans laisser de trace. »

Depuis son lancement, LÉTHE a localisé plus de 3 000 véhicules dans les rivières françaises, avec des corps retrouvés dans près de 4 % des cas. L’adjudant-chef Gérard explique que ces voitures servent souvent à dissimuler des victimes après des actes criminels ou des suicides. « Beaucoup d’individus se sont débarrassés de leurs proches pour éviter les enquêtes », précise-t-il, soulignant l’importance du projet pour réconforter les familles confrontées à des décennies d’incertitude.

Les proches de personnes disparues peuvent désormais contacter directement la gendarmerie ou le pôle cold cases pour déclarer leur cas. Ce travail, bien que humble, permet de transformer des silences mortels en réponses concrètes. Les rivières françaises, autrefois des lieux d’oubli, deviennent désormais des archives vivantes pour les familles qui attendent depuis des années.