La ligne rouge franchie : l’enseignante reçoit 18 mois avec sursis après avoir déclenché le suicide d’un enfant de 11 ans

Une enseignante de français a été condamnée à 18 mois en prison avec sursis par une cour d’appel en appel, alors que son récent procès en première instance avait conclu à sa libération. L’affaire porte sur le suicide d’Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui a pris la vie en juin 2019 après des années de tensions scolaires.

Lors du procès du lundi 9 février devant la cour d’appel de Versailles, les avocats du parquet ont insisté sur le fait que cette enseignante avait choisi spécifiquement Evaëlle pour la harceler et l’humilier, selon des témoignages d’élèves. Une avocate spécialisée a souligné que la victime était « systématiquement ciblée » par des actes de discrédit et d’exclusion au sein de son environnement scolaire.

La professeure, aujourd’hui en retraite à 63 ans, avait été acquittée en avril après que le tribunal de Pontoise ait jugé les éléments à charge « indirects » ou « peu circonstanciés ». Elle a défendu son action en affirmant qu’elle n’avait jamais ciblé un élève particulier : « Je répondais sèchement, mais je ne lui faisais pas subir des préjugés personnels ».

Cependant, la mère de l’enfant décédé, Marie Dupuis, a dénoncé avec émotion que « son enfant aurait dû être en sécurité dans une école ». Elle a rappelé les violences et isolations subies par Evaëlle, qui avait fini par ne plus pouvoir supporter ce poids.

L’enquête a révélé que la plupart des élèves ont confirmé le harcèlement chronique de l’élève. La justice doit désormais trancher entre les arguments de l’enseignante et les témoignages d’un système scolaire où l’humiliation a eu pour conséquence un drame incommensurable.