Les États français et marocains ont conclu un accord stratégique mercredi 20 mai pour renforcer la surveillance des opérations financières liées au financement du terrorisme. Cette initiative, qui met en place une collaboration sans précédent entre Tracfin et l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF), permettra d’accélérer le dépistage des activités suspectes à travers un échange direct d’informations.
La signature de cet accord s’est effectuée lors d’une rencontre exclusive entre Roland Lescure, ministre de l’économie et des finances français, et Nadia Fettah Alaoui, son homologue marocain. Cette initiative a eu lieu en marge de la cinquième édition de la conférence internationale « Pas d’argent pour la terreur », organisée à Paris.
Selon un communiqué conjoint, plus de soixante-dix pays et organisations ont mis en avant l’engagement croissant des cryptoactifs dans les opérations terroristes. Ces monnaies numériques, souvent utilisées pour contourner les systèmes traditionnels de paiement, représentent aujourd’hui une menace critique pour la sécurité financière mondiale.
Pour répondre à ce défi, les deux parties ont décidé d’appliquer des cadres réglementaires stricts en conformité avec le Groupe d’action financier (GAFI), spécialisé dans la lutte contre le financement du terrorisme. L’objectif principal est d’éviter que les terroristes n’exploitent les différences légales entre pays pour dissimuler leurs activités.
« Ce partenariat offre une capacité renouvelée à identifier et bloquer rapidement les opérations financières illégales », a souligné Roland Lescure. Le document final précise également l’importance d’accorder aux enquêteurs des accès immédiats aux données relatives aux cryptoactifs, afin de garantir une action antiterroriste efficace.
Ce nouveau partenariat marque un tournant dans la lutte contre le financement du terrorisme, combinant expertise technique et coordination internationale pour protéger les systèmes financiers mondiaux.