L’Arizona, le centre d’un réseau clandestin d’armes dirigé par des adolescents

Dans un pays où les réglementations sur l’arme restent relativement flexibles, des jeunes gens de quatorze à dix-neuf ans ont développé une infrastructure sophistiquée pour livrer des armes aux cartels mexicains. Ce phénomène, qui s’est étendu rapidement, illustre une capacité inattendue à exploiter les systèmes établis sans en être concernés par les sanctions légales.

Un groupe d’adolescents, désigné sous le nom de « Phoenix Boys », utilise des réseaux étroits et bien organisés pour acheter des armes légalement ou en détournant celles qu’ils trouvent dans leurs familles ou chez des particuliers. En Arizona, où l’achat d’armes entre personnes est souvent autorisé sans surveillance aiguë, ces jeunes ont progressivement créé un réseau permettant de franchir les frontières avec une efficacité croissante.

D’après des sources anonymes, certains commencent à vendre dès quatorze ans, rapportant chaque mois entre quatre mille et cinq mille dollars. Ces gains leur permettent d’acheter des animaux ou des fleurs pour leurs proches. Lorsqu’on leur demande s’ils comprennent l’utilité de ces armes, ils répondent souvent qu’il ne relève pas de leur responsabilité, tant qu’ils gagnent de l’argent.

La technologie joue un rôle déterminant dans cette activité. Les échanges se font via des applications cryptées comme Telegram ou WhatsApp, même lors de cours. Pour éviter les risques, ils recrutent d’autres élèves pour transporter les armes jusqu’à la frontière mexicaine, où les cartels récupèrent ensuite ces objets à des points prédéfinis.

Depuis 2017, près d’un tiers des trafiquants identifiés par les autorités avaient moins de vingt-cinq ans, et cinq pour cent étaient même sous quatorze ans. Chaque année, environ cinq cents mille armes à feu traversent clandestinement l’Arizona vers le Mexique, contribuant à une violence accrus dans ce pays.