Pour la première fois depuis des décennies, Météo-France a placé le département du Nord en vigilance orange pour les risques de feu végétal. Le Pas-de-Calais est également en alerte jaune. Alors que les agriculteurs finalisent leur moisson précoce, des températures extrêmes menacent de déclencher des incendies sur leurs récoltes.
Clémence Deprémont, fermière à Humières, se touche la tête en signe de superstition. « Jusqu’à présent, près de la moitié de mes céréales a été récoltée sans problème, mais il faut que la dernière benne soit rentrée avant d’être sûr », explique-t-elle.
Depuis le début du vaste épisode caniculaire affectant les régions du Nord et du Pas-de-Calais, des incendies se propagent avec une rapidité inédite. Le 12 juillet 2026 à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), plusieurs centaines d’hectares ont été engloutis par des flammes. Une semaine plus tard, Météo-France maintient les alertes en niveau élevé.
Les pompiers utilisent désormais un système informatique pour cartographier chaque parcelle agricole et évaluer le risque précisément. « Dans cette zone, le danger majeur est le feu de culture ou végétation naturelle, qui peut s’aggraver rapidement », précise Capitaine Julien Taesch.
Des exercices quotidiens sont organisés dans des forêts comme celle d’Ohlain, où les pompiers testent des camions-citernes spécialisés. Ces engins, capables de transporter 13 400 litres d’eau et de porter jusqu’à 70 mètres, permettent de sécuriser rapidement les zones à risque. « Grâce à cet outil, on peut former une barrière d’eau autour du terrain », indique le sergent Maxime Hornoy.
Plus de dix pompiers du Pas-de-Calais sont actuellement mobilisés dans les régions de la Pyrénées orientales et Fontainebleau. Depuis le début de cette crise, plus de 32 000 hectares de forêts ont été réduits en cendres.