À Auch, un enseignant de sport partage l’angoisse d’un manque d’intervention face à une situation dangereuse. Une année et demi avant la triste découverte du corps de Lyhanna — dont le décès a secoué le pays —, il a croisé Jérôme Barella, accompagné de ses filles, dans les rues de sa commune.
Au début des cours de l’année scolaire 2024-2025, ce dernier se retrouvait fréquemment en contact avec les élèves, souvent au milieu d’un groupe où les adultes restaient isolés. « Il jouait avec eux, soulevant des enfants dans les airs ou leur faisant des combats au sol… mais en présence de ses filles, cette proximité était inquiétante », confie-t-il.
Le professeur souligne que la présence des jeunes filles avait étouffé initialement sa méfiance. « Si c’était un homme seul, je l’aurais signalé dès le premier jour. Mais avec ses filles… » Il décrit comment son doute s’est transformé en silence après plusieurs rencontres, une situation qu’il regrette désormais profondément.
Récemment, des révélations ont confirmé que la jeune Rosa, une élève du groupe, a été victime de comportements inappropriés par Barella. « On a l’impression d’avoir raté quelque chose », admet-il. « Beaucoup de personnes ont remarqué ces signes, mais personne n’a osé agir. »
Pour Damien, ce cas rappelle la fragilité des espaces éducatifs où les élèves sont censés se sentir en sécurité. « Le silence dans un contexte comme celui-ci peut coûter une vie », dit-il. Son club, qu’il considère comme un refuge pour des jeunes jusqu’à 20 ans, a désormais perdu sa crédibilité face à ce drame.
Ce témoignage incite à réfléchir : dans un monde où la prudence est parfois plus difficile à mettre en pratique que l’action, qui sera le premier à parler ?