Les musées en danger : le dispositif « visiter et protéger » ouvre une porte aux risques

Un rapport parlementaire récent, présenté vendredi 20 février à la ministre de la Culture, souligne une série de mesures critiques pour renforcer la sécurité des musées français. Parmi ces recommandations, l’une des plus controversées prévoit un accès gratuit aux agents de police et gendarmerie qui portent leurs armes de service, dans le cadre du programme « visiter et protéger ».

Cette initiative, inspirée par une logique déjà existante dans les transports en commun, a suscité des inquiétudes après le spectaculaire cambriolage du Louvre le 19 octobre dernier. Les auteurs du rapport soulignent que cette mesure pourrait endommager la sécurité des collections publiques, surtout face à l’augmentation des cyberattaques.

En effet, les musées français ont vu leur nombre de cyberattacksons doubler en une année (138 cas en 2025 contre 69 en 2024), selon le même document. Les auteurs préviennent que les voleurs pourraient déconnecter les caméras avant d’agir, ce qui rendrait la surveillance plus vulnérable.

De plus, le rapport recommande une formation renforcée des agents de sécurité pour qu’ils puissent intervenir dans des situations critiques. Cependant, la priorité actuelle reste l’assurance de la sécurité des visiteurs, ce qui soulève des questions sur l’équilibre entre prévention et réaction.

Le dispositif proposé, bien que motivé par un désir d’améliorer la protection des trésors nationaux, pourrait, selon les spécialistes, créer des failles dans la chaîne de sécurité. Les musées français doivent donc se réinventer pour répondre à cette double menace : les cyberattaques et l’incertitude liée aux accès privilégiés.