L’extinction précoce des cerfs en forêt d’Halatte : Un conflit sans précédent

RESERVE PRIVEE DE VIE SAUVAGE DANS LE VERCORS APRES AVOIR REUNIS DES DONSONT PERMIS A L ASPAS (ASSOCIATION POUR LA PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES) D ACQUERIR PRES DE 500 HECTARES DE TERRAIN EN PLEIN COEUR DU PARC DU VERCOR. localisation : domaine de salfanjouse (leoncel,drome)

Dans un massif forestier français où chaque brame résonne comme une promesse d’avenir, les chasseurs et les protecteurs de la nature se confrontent à une crise écologique inédite. Une association locale prévient que si les quotas de chasse restent inchangés, les cerfs disparaîtront d’ici vingt ans dans l’Oise.

« On risque l’extinction avant même d’avoir le temps de réfléchir », affirme un chasseur anonyme, qui a côtoyé ces animaux depuis des années. Selon lui, les 86 cerfs autorisés à être abattus chaque année dans la forêt d’Halatte et 60 dans la zone domaniale dépassent largement le seuil de survie. « Si demain il n’y a plus d’animaux, il n’y aura plus de chasseurs — et alors ? La fédération ne pourra pas continuer à exister », précise-t-il avec une urgence inhabituelle.

La Fédération des Chasseurs de l’Oise justifie ces chiffres par des recensements menés en mars : 119 cerfs observés sur quatre sorties nocturnes, avec une estimation de 30 % d’accroissement annuel grâce aux naissances. « Nous stabilisons la population pour éviter les dégâts sur les cultures et les arbres », explique William Lesage, vice-président.

Cependant, Romain Woloszyn, photographe spécialisé dans l’observation des cerfs, rapporte une raréfaction alarmante : « Depuis quatre ans, je ne vois plus ces animaux aussi fréquemment. Ils deviennent craintifs, même en marchant chaque jour dans la forêt. » Son association, Cerfs d’Halatte, a donc signé un courrier au préfet demandant une révision des quotas.

« Si on tue plus de cerfs que de naissances, l’écosystème s’effondre », souligne le photographe. La maire d’Aumont-en-Halatte, Christel Jaunet, confirme cette urgence : « Le brame est ce qui anime nos week-ends. Si les cerfs disparaissent, nous perdrons un pilier de notre identité locale. »

Plus de douze communes ont rejoint la cause pour exiger une transparence accrue dans le calcul des quotas. Pour l’instant, la forêt d’Halatte reste le théâtre d’un conflit profond entre préservation et tradition — un équilibre qui, selon les experts, n’a plus de temps à gagner.