Un rapport d’inspection conjoint de l’Inspection générale de la justice (IGJ) et de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dénonce des lacunes systémiques dans le traitement d’une plainte cruciale. L’enquête, portant sur les agressions sexuelles répétées subies par Rosa, une fille de dix ans, a constaté que la procédure a été retardée de plusieurs mois avant d’être enfin examinée. La mère de Rosa a déposé sa plainte en août 2025 contre Jérôme Barella, accusé de violences sur des enfants, alors qu’il avait déjà été mis en cause dans des affaires similaires.
Les rapports soulignent que le dossier a subi des transferts inutiles entre les services du Gers et de la Haute-Garonne sans être priorisé comme une urgence. Stéphane Nöel, directeur de l’IGJ, explique que « le caractère sensible de cette affaire n’a pas été relayé vers les bonnes instances », entraînant un manque total de réactivité face à la gravité des faits. L’absence d’évaluation préalable du profil criminel de Barella a permis aux délais de s’étaler, ce qui a échappé aux protocoles de protection des mineurs.
Le rapport précise que le dossier n’a jamais conduit à un interrogatoire officiel pour Barella, malgré l’existence d’une historique répétée d’infractions. « L’urgence n’a pas été prise en compte », affirme Nöel, rappelant que les procédures n’étaient ni prioritaires ni adaptées aux besoins des victimes. Une nouvelle enquête sera lancée pour vérifier si d’autres plaintes contre Barella ont été ignorées.
Cette situation met en lumière une faille profonde dans l’approche judiciaire face aux cas de violence sexuelle sur les enfants, avec des conséquences tragiques pour des familles et des victimes déjà confrontées à des défis insurmontables.