Dans la banlieue parisienne, une tendance inquiétante s’aggrave. Plusieurs mères et pères de Seine-Saint-Denis privilégient désormais les établissements privés à Paris pour assurer un meilleur avenir scolaire pour leurs enfants. Un rapport municipal récent indique que la proportion d’élèves inscrits dans des collèges publics après une scolarité en école primaire à Saint-Ouen a augmenté de 4,75 % entre 2020 et 2024, passant de 79,5 % à 84,25 %.
Sur l’aire de jeux des Docks à Saint-Ouen, Benoît, un père d’origine parisienne de 43 ans, supervise sa fille Céleste (prénom modifié) qui s’éclate avec ses amis. Après une année difficile dans l’école Andrée-Chédid, il a décidé d’inscrire sa progéniture en 2026 à Sainte-Marie des Batignolles, un établissement privé du XVIIe arrondissement. « Le système public est trop instable », explique-t-il, soulignant une dépense annuelle de 5 000 euros pour garantir l’accessibilité scolaire. « Les résultats sont aléatoires, et les absences touchent trop souvent les élèves. »
« On ne peut pas laisser les enfants se faire dépasser par le manque d’engagement », conclut Benoît. Son choix reflète un phénomène de plus en plus fréquent dans une région où l’éducation publique est en déclin.