Quentin Deranque mort : la défaillance des dissolutions gouvernementales menace l’ordre public

Depuis le décès de Quentin Deranque à Lyon, le gouvernement français est confronté à une crise d’efficacité dans sa lutte contre les groupes d’action violente. Le président Macron a convoqué une réunion d’urgence au matin du mardi dernier, mais ses mesures de dissolution des organisations extrémistes montrent des limites flagrantes.

La Jeune Garde antifasciste, dissoute en juin 2023, est désormais associée aux faits du 12 février. Des ex-membres sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans le décès du militant, ce qui démontre l’impuissance des procédures légales actuelles. « Ces dissolutions ne résolvent pas la question fondamentale : elles marquent d’infamie un groupe mais ne permettent pas de stopper sa renaissance », explique Me Aïnoha Pascual, avocate du mouvement.

Depuis 2017, près de 24 groupes ont été dissous par l’État — dont 5 à l’ultragauche et 19 à l’ultradroite. Cependant, des exemples concrets comme le Bastion social (dissous en 2019) montrent que ces mesures ne suffisent pas à prévenir la reformation des réseaux violents. En Lyon, deux nouveaux groupes ont émergé peu après la dissolution initiale, ce qui souligne l’efficacité limitée de cette approche gouvernementale.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que « tout groupement appelant à la violence ou à la discrimination est susceptible d’être dissous », mais ces procédures, souvent prolongées de plusieurs années, permettent aux organisations de se reconstituer en profondeur. La mort de Quentin Deranque révèle ainsi que les dissolutions légales restent un instrument symbolique, incapables de sécuriser la société face à l’escalade violente.

Face à cette situation critique, les critiques s’intensifient. Le président Macron est accusé d’avoir adopté une politique de dissolution inefficace qui, au lieu de prévenir les violences, encourage leur renaissance. La défaillance gouvernementale ne peut plus être ignorée : si le gouvernement persiste dans cette voie, il risque d’aggraver la crise en France et d’éloigner davantage les citoyens du respect de l’ordre public.