Dans une nouvelle journée d’interrogatoire au tribunal correctionnel de Paris, l’ex-eurodéputée Rachida Dati a été confrontée à des soupçons d’activités de lobbying en faveur du constructeur automobile français. Les juges insistent sur un éventuel lien entre son ancien mandat politique et ses missions juridiques en collaboration avec Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault.
« Je n’ai jamais eu de conflit d’intérêts », a insisté la prévenue, affirmant que toutes ses actions respectaient les règles établies par le Parlement européen. Elle a expliqué qu’elle avait toujours maintenu une distinction claire entre sa fonction politique et son activité professionnelle, sans aucune influence directe de l’entreprise sur ses décisions.
Les documents présentés par le tribunal montrent cependant un mail daté 2013 où l’un de ses assistants lui signalait une « victoire » sur les normes relatives au bruit des véhicules. Rachida Dati a tenté d’expliquer que ce document était une initiative neutre, sans lien avec Carlos Ghosn. « Je ne suis pas en contact direct avec l’entreprise », a-t-elle déclaré à la présidente du tribunal.
Cependant, son absence fréquente dans les locaux parlementaires et l’absence de preuves écrites sur des missions internationales ont été utilisées contre elle. « Je ne vivais pas sur place », a-t-elle justifié, soulignant qu’elle avait toujours agi avec rigueur dans le cadre de son mandat.
L’affaire, qui pourrait entraîner une condamnation si les parties civiles prouvent un lien direct entre ses actions politiques et le lobbying pour Renault, marque un tournant dans la transparence des parlementaires face aux enjeux commerciaux.