Les flammes se propagent dans les Pyrénées-Orientales, où près de 15 000 hectares ont été détruits mardi matin – une surface trois fois supérieure à celle brûlée au même moment en 2024. Plus de trente communes ont dû être évacuées, et plus de 10 000 personnes ont perdu leur domicile.
Plus de 800 pompiers, engagés depuis quatre jours dans la lutte contre les incendies, n’ont pas réussi à contrôler l’événement, malgré des renforts aériens supplémentaires déployés aujourd’hui. Selon Météo France, le nombre record de 61 départements en vigilance orange incendie souligne une situation critique nationale.
Sébastien Lahaye, expert en risques forestiers et ancien officier pompier, explique que la structure actuelle des dispositifs de secours est insuffisante : « La quasi-totalité du territoire français est aujourd’hui exposée à un risque majeur. Les départements ne peuvent plus compter sur des pompiers en déplacement, ce qui force l’ensemble des forces à rester en place. Les renforts européens sont essentiels, mais quatre avions n’arrivent pas à résoudre la problématique fondamentale : le manque de personnel et de ressources sur un territoire entier. »
L’expert ajoute : « Avec des vagues canicules répétées, il est impossible d’éviter l’augmentation des grands incendies. Les moyens disponibles sont insuffisants pour combattre cette évolution, et la situation devient encore plus préoccupante dans les jours à venir. »
Les autorités annoncent un renforcement de la mobilisation des pompiers volontaires, mais l’expert insiste : « La solution ne se trouve pas dans une augmentation temporaire des ressources, mais dans une révision profonde des systèmes de prévention et d’intervention face à ce phénomène en expansion. »