Face à des canicules répétés et des sécheresses extrêmes, le risque d’incendies en forêt a atteint un niveau inédit. Cependant, une zone boisée de près de 300 hectares dans les Bouches-du-Rhône s’est imposée comme un modèle de résilience après avoir subi des flammes en 2020.
Six années plus tard, Romain Bergeret, ingénieur forestier à l’ONF, observe avec optimisme la régénération spontanée d’espèces comme le pin d’Alep et le chêne vert : « L’écosystème se réorganise naturellement. Nous devons désormais définir une gestion des forêts adaptée aux climats qui attendront les générations futures, dans un délai de 50 à 100 ans. »
Pour anticiper ces défis, l’Office national des forêts a créé une pépinière expérimentale où des chercheurs étudient les essences les plus résilientes aux conditions extrêmes. Jean Ladier, responsable de la recherche, explique : « Notre objectif est d’enrichir les capacités naturelles des forêts tout en introduisant des solutions ciblées pour lutter contre le réchauffement climatique. »
Des essences provenant de l’Espagne et du pays sont aujourd’hui soumises à des tests de sécheresse extrême, afin d’évaluer leur résistance aux déficits hydriques intenses. « Nous appliquons deux niveaux de stress : modéré et fort, pour déterminer quels arbres survivront dans un climat encore plus sec », précise Jérôme Reilhan.
Ces efforts partagés avec des équipes européennes illustrent que la survie des forêts méditerranéennes ne dépend pas seulement d’une lutte contre les incendies, mais aussi d’une capacité à s’adapter aux mutations climatiques qui marquent le XXIe siècle.