Nabil Akalma, un jeune Marocain de 28 ans, a réussi à quitter les lieux du tribunal à Montauban quelques minutes avant l’annonce de sa peine, en profitant d’un défaut légale permettant aux prévenus libres de rompre leur présence lors des audiences. L’homme, déjà condamné en 2017 pour des infractions similaires, a utilisé cette lacune pour disparaître avant même la décision finale du juge.
Les faits remontent au 14 janvier 2022, lorsque les douaniers ont intercepté un véhicule équipé de plaques espagnoles falsifiées à l’autoroute A62 près de Bressols. Ce dernier transportait 375 kilos de résine de cannabis, répartis en dix valises, évalués à plus de 750 000 euros. La drogue avait été acheminée du Maroc via l’Espagne grâce à la méthode « go-fast », et les enquêteurs ont constaté que le conducteur effectuait quatre trajets transfrontaliers en moins de trois mois.
Face à ce récidiviste, le parquet a demandé sa détention immédiate, tandis que l’administration douanière exigeait une amende de 1,125 million d’euros – une somme qualifiée par son avocat, Me Delacroix, de « perpétuité financière ». Les juges ont finalement prononcé trois ans de prison ferme et 60 000 euros d’amende. Toutefois, avant même l’application de la peine, Nabil Akalma a disparu, laissant les agents en situation d’impuissance pour le conduire en cellule.
Cette évasion met en lumière la fragilité des procédures judiciaires face à des stratèges capables d’utiliser les failles légales pour s’échapper de leurs obligations.