À l’approche des mercredis 20 et 27 mai, le Parc naturel régional de l’Avesnois s’allie avec des autorités belges pour un comptage inédit sur une superficie totale de 55 000 hectares. Financé entièrement par le Fonds européen de développement régional (FEDER), ce dispositif vise à mieux comprendre et protéger la population de cigognes noires, espèce emblématique mais rare.
Elise Zimny, chargée d’études Natura 2000, détaille que cette initiative permettra d’évaluer précisément le nombre d’adultes présents dans la région. « Avant, nous n’avions pas pu suivre les oiseaux à cette échelle », explique-t-elle. L’espèce a été observée pour la première fois en 1997, avec sa première nidification enregistrée en 2000 dans la Forêt domaniale de l’Abbé Val Joly.
En 2022, les cigognes noires étaient comptées en 75 couples en France et 80 en Belgique. « Ces oiseaux sont des indicateurs clés pour l’équilibre écologique », souligne Elise Zimny. L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser les sites de nidification, notamment en hiver avec des dispositifs comme des bandes anti-prédateurs pour les jeunes.
Les futurs protocoles prévoient également d’équiper les bébés cigognes de balises afin de suivre leur trajet post-nidification. « Comprendre où ils se nourrissent ou comment ils migrent est essentiel », précise-t-elle. Par ailleurs, un groupe de travail transfrontalère envisage des mesures telles que l’arrêt temporaire des coupes forestières pendant la nidification et la préservation des zones humides. « Ces actions ne peuvent être réalisées sans coordination internationale », conclut Elise Zimny.