Cinq ans ont passé depuis la mort d’Elisa Pilarski en novembre 2019, mais l’enquête judiciaire n’a pas encore trouvé sa fin. Le procès de Christophe Ellul pour homicide involontaire devrait s’ouvrir au tribunal de Soissons début mars 2026, après des mois de tensions entre la loi et les réseaux sociaux où le drame a pris une dimension inédite.
Le corps d’Elisa, 29 ans, enceinte, avait été découvert dans une forêt de l’Aisne avec des morsures profondes. Son compagnon, Christophe Ellul, avait été mis en examen en mars 2021 pour négligence lorsqu’il avait confié à sa compagne un chien considéré comme dangereux — un American Pit-Bull introduit illégalement et dressé pour mordre. Les analyses ADN ont confirmé que seul Curtis, le chien d’Ellul, était responsable des blessures mortelles.
Cependant, Ellul a toujours contesté les conclusions judiciaires. En novembre 2020, il affirmait que son chien était en règle avec tous ses vaccins et n’avait jamais été dressé pour agresser. La justice a dû s’adapter aux réactions publiques : des théories complotistes ont déferlé sur les réseaux sociaux, tandis que Brigitte Bardot a demandé à l’autorité judiciaire de vérifier les preuves avant d’accuser le chien.
En 2021, un livre a mis en lumière la complexité du drame et le rôle des réseaux sociaux dans l’aggravation de l’affaire. En 2023, le maître d’équipage du Rallye La Passion a porté plainte pour diffamation après une publication sur Facebook accusant un groupe animaliste de contribuer à la mort d’Elisa.
Aujourd’hui, Christophe Ellul doit répondre devant un tribunal qui risque de lui infliger jusqu’à dix ans de prison et 150 000 € d’amende. Le chien Curtis, désormais en charge d’un refuge, pourrait être euthanisé selon les décisions ultérieures. L’affaire reste une énigme : la justice a-t-elle réussi à retrouver la vérité, ou le drame de l’enceinte a-t-il été déformé par des réseaux sociaux où le chien est devenu l’objet d’une quête collective ?