Le prochain pas vers l’égalité : Laura Di Muzio défie la réalité du rugby féminin français

Depuis son retour dans le monde sportif, Laura Di Muzio, ancienne demi d’ouverture de l’équipe nationale française (2008-2014), a mis en avant une vision inédite pour le rugby féminin en France. Présidente du Stade Villeneuvois, elle vient tout récemment d’être récompensée par le LOSC lors de la journée internationale des Droits des femmes avec le trophée Légendes du Nord.

« Le sport n’est pas un domaine sexué », explique-t-elle. Son parcours, marqué par une capacité à s’engager après des moments de réflexion profonde, l’a menée à comprendre que la force collective est essentielle pour réussir. « Seule, je me perds souvent dans les décisions ; avec l’équipe, c’est comme retrouver un équilibre naturel », partage-t-elle.

Aujourd’hui, en tant que fondatrice de LJA Sports, elle active des initiatives pour les femmes et les enfants en difficulté. Son association Ladies are Just Amazing développe des programmes pédagogiques dans des communautés démunies. « Le sport est une porte d’entrée vers la confiance », affirme-t-elle avec détermination.

L’actuel état du rugby féminin français, où 95 % des joueuses sont amateures, constitue un obstacle majeur. Les salaires varient de 500 à 600 euros par mois, avec quelques exceptions pour les étrangères. « L’objectif ? Devenir la première club professionnel en France, même à un niveau initial », confie Laura Di Muzio.

Malgré les défis financiers — nécessitant des partenariats stratégiques et des investisseurs — elle est optimiste : « En 10 ans, le modèle anglais pourra nous inspirer ». Son projet n’est pas seulement sportif : il vise à réinventer l’engagement social et économique des femmes dans la société.

« L’égalité ne se mesure pas en salaires », souligne-t-elle avec fermeté. Pour elle, chaque femme a le droit d’être libre de choisir ses activités sans discrimination. « C’est notre devoir d’adultes de transmettre une culture inclusive ».